Pascale Bouchard, audacieuse en chef

« Et si notre DG relevait le Défi têtes rasées! » Il y a 18 mois, en pleine séance de remue-méninges à propos des 20 ans à venir du Défi têtes rasées Leucan, une employée lance cette idée folle. Le 28 mars prochain, ce sera chose faite.

« À l’époque, j’ai répondu que, si nous trouvions 9 autres femmes inspirantes pour le faire et que nous faisions la UNE d’un grand magazine, j’étais de la partie, raconte Pascale Bouchard, qui a pris il y a 5 ans les rênes de Leucan, l’organisme qui vient en aide aux familles d’enfants souffrant d’un cancer. Ça n’a pas été facile. Nous, les femmes, attachons souvent beaucoup d’importance à notre chevelure. Le 28 mars cependant, nous serons bien 10 à nous faire raser la tête. »

Parmi ces 10 « Audacieuses », venues de toutes les sphères de la société, on retrouve notamment :

  • La vice-présidente adjointe, marketing de Sun Life Brigitte Dagnault
  • L’avocate Sophie Mongeon (droit 1996)
  • L’activiste pour la communauté trans Alicia Kazobinka
  • La chirurgienne-orthopédiste-oncologue Sophie Mottard (sciences biologiques 1999, médecine 2003 et chirurgie 2010)
  • L’auteure-compositrice-interprète Safia Nolin

Pascale Bouchard a quant à elle calculé qu’il lui faudra au moins 2 ans et demi avant de retrouver sa longueur. Mais alors qu’elle place l’authenticité et l’intégrité au cœur de ses valeurs, il ne lui a pas fallu réfléchir très longtemps lorsque l’occasion lui a été donnée.

« C’est un message fort que nous envoyons aux enfants, estime-t-elle. Nous leur disons qu’ils ne sont pas seuls et, surtout, que leurs cheveux ne les définissent pas comme personne. Qu’ils sont bien d’autres choses! »

Deux poids, 2 mesures

Juriste de formation, Mme Bouchard a obtenu son baccalauréat de la Faculté de droit de l’Université de Montréal en 1996. Elle décroche le barreau 2 ans plus tard. Après seulement un an de pratique privée, elle bifurque et se retrouve dès le début des années 2000 à la tête de la Maison Le Prélude, un organisme offrant un toit aux femmes victimes de violence conjugale.

« Je suis profondément éprise de justice sociale, confie-t-elle. J’ai choisi le droit parce que je considérais que c’était une formation avec des bases solides, qui pouvait m’ouvrir une multitude de portes et me permettre d’avoir un impact au plan humain. Au Prélude, j’étais au cœur de la question des rapports hommes-femmes, de ces rapports qui demeurent inégaux. »

Pascale Bouchard en a encore eu la preuve, lors de son exercice de recrutement des Audacieuses. Certaines femmes étaient plutôt partantes, mais ont refusé parce que leur CA ou leur équipe de relations publiques le leur a déconseillé, pour leur image à elles et celle des entreprises qu’elles représentent.

« Ça m’a mis en colère, avoue-t-elle. Il y a tellement d’hommes d’affaires qui chaque année relèvent le Défi têtes rasées, et ça ne choque personne! Il y a encore 2 poids, 2 mesures. »

L’humain au 1er plan

Rigoureuse dans son travail, Pascale Bouchard affirme avoir un style de gestion qui place l’humain au 1er plan. C’est comme cela qu’elle dirige Leucan, et c’est toujours en se mettant au service de ceux pour qui elle œuvre qu’elle prend ses décisions.

Évidemment, les derniers mois ont été plus difficiles, il a fallu se renouveler. Au printemps dernier, les équipes de Leucan ont dû quitter les centres hospitaliers et offrir leur accompagnement à distance. Un défi qui a été relevé, mais qui a nécessité beaucoup d’adaptation.

Elles ont constaté que ce sont les parents endeuillés qui ont été les plus éprouvés par la pandémie. Confrontés à une épreuve déjà très difficile, ceux-ci se voyaient dans l’impossibilité de célébrer les funérailles de leur petit. L’accompagnement de Leucan a donc pris une place encore plus importante dans ce contexte.

Les activités sociorécréatives annulées ont été remplacées par des initiatives virtuelles : « Ça nous a permis de toucher les familles des régions plus éloignées, qui n’ont pas toujours la possibilité de se joindre à nous, explique la directrice générale. »

À cause de la pandémie, les revenus de Leucan ont beaucoup diminué en 2020. Ainsi, l’Association mise sur le Défi têtes rasées.

« Les profils sont très diversifiés parmi nos Audacieuses, conclut Pascale Bouchard. N’importe quelle femme pourra se reconnaître en l’une ou l’autre d’entre elles. En plus d’envoyer un message d’espoir aux enfants atteints de cancer, nous espérons inspirer des milliers de femmes. »



Rédigé par Hélène Roulot-Ganzmann, février 2021.
À la demande du Réseau des diplômés et des donateurs.