Édouard Martin, l’urgentologie vétérinaire au cœur

Édouard Martin

Passionné depuis le plus jeune âge par les animaux et les sciences, faire des études vétérinaires était une évidence pour Édouard Martin. Son cursus universitaire commence en France, à Lyon. Lors de sa dernière année, en 2012, il effectue alors un échange universitaire avec la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, à Saint-Hyacinthe. C'est la révélation.

« Lors de mon arrivée au Québec, j’ai découvert un enseignement totalement différent de la France. Plus de bienveillance, d’emphase sur l’enseignement. La pédagogie est aussi différente. C’est pour cela que je suis revenu effectuer mon internat à Saint-Hyacinthe. »

En 2014, Édouard Martin devient alors Clinicien en urgentologie au Centre hospitalier universitaire vétérinaire (CHUV). Outre le traitement des urgences, il dispense des cours cliniques auprès des élèves de l’Université pour les guider dans les soins et l’encadrement des animaux. Des cours très prisés par ses étudiants. Il remporte alors plusieurs prix d’enseignement de l’Université de Montréal en tant que chargé de l’enseignement clinique. Il est aussi lauréat du prix Mérial et du prix Boehringer Ingelheim en enseignement clinique, qui est remis au meilleur enseignant de la Faculté de médecine vétérinaire.

« J’essaie de transmettre mon métier et ma passion de la meilleure façon possible à mes étudiants. J’ai eu moi-même des professeurs inspirants qui m’ont poussé et m’ont influencé tout au long de mon parcours universitaire. C’est un juste retour des choses que d’inciter mes étudiants à avoir confiance en eux et à se lancer dans l’urgentologie vétérinaire. »

En parallèle de sa profession de médecin vétérinaire et de clinicien enseignant, il met en place à la fin de l’année 2023 un service de télémédecine d’urgence et un service vétérinaire pour le village de Kuujjuaq, dans le Nord-du-Québec. Chaque mois, un étudiant à l’internat se déplace dans ce village inuit pour venir porter assistance et effectuer les soins primaires sur les animaux locaux. Le défi logistique est alors énorme au sein d’une clinique désaffectée depuis deux années.

« Quand nous sommes arrivés à Kuujjuaq, nous manquions de tout. Du matériel, des médicaments, nous devions tout rationner, tout compter. Le plateau technique pour effectuer toutes sortes d’examens sur les animaux est limité. C’est vraiment le système D et il faut adapter notre examen clinique en conséquence. »

Malgré cela, des campagnes de vaccination sont mises en place pour les chiens de traîneaux, qui constituent l’essentiel des animaux du village. Des sensibilisations à la stérilisation ainsi que des chirurgies d’urgence sont aussi effectuées. Ces expériences dans ce milieu isolé ont été fortement appréciées par les étudiants à l’internat d’Édouard Martin.

« Il faut qu’ils aient une vision globale de la clinique, que ce soit au niveau des stocks, des techniques de stérilisation ou d’opération, soutient-il. L’interne est seul à Kuujjuaq, il doit tout gérer, sans soutien ni collègue à ses côtés. C’est extrêmement formateur. Il faut réfléchir à un plan B, un plan C. »

Dans les années à venir, le docteur Martin souhaite pérenniser cette expérience à Kuujjuaq en ayant accès à des financements plus importants pour l’achat de matériel et de médicaments ainsi que pour la logistique comme l’achat des billets d’avion pour s’y rendre.